jeudi 12 avril 2012

Tranches de mars, avril...

Joyeuses Pâques !!
Holy week, pas aussi reposante que nous l’aurions souhaitée, mais bien joyeuse entre les messes du soir à la bougie (merci Zesco  pour la douce ambiance calfeutrée…), les processions, les baptêmes et communions par dizaines,  les dernières douches de la saison des pluies, et la chasse aux œufs importée pour le plus grand plaisir des enfants du voisinage (incrédules devant la pluie de mashmallows et sucettes, on adapte). Comme dit Léopold « Jesus stopped dying » et ça se fête !! 

Chasse aux oeufs dans le jardin, après 3 secondes d'incrédulité les enfants ont vite saisi le principe!

Les écoliers entament un mois de vacances après le premier « term » de 3 mois. Ils préparent maintenant avec application l’arrivée des cousines à la fin du mois (l’équipe de foot a déjà aménagé des gradins pour les spectatrices…). Colin reçoit régulièrement quelques milliers de kwacha de la petite souris (ou de son alter ego zambien) ce qui n'est pas très pratique pour grignoter les épis de maïs grillés... 

Léo, sa maitresse et son bulletin... Est-ce que j'ai pas une tête de premier de la classe?


  
Quelques tranches de mars (une bonne tartine de mise à jour en fait!):

Dans la foulée des chipolopolos : L’équipe de foot du Chikuni Mission Hospital a triomphé le samedi 24 mars face à celle de Radio Chikuni, avec Dr Samuel sous le numéro 14 (« daddy fourteeeeeen ! ») Nous tairons le score sur internet pour conserver nos bonnes relations…  Les 2 équipes ont débuté le match avec des maillots jaunes de part et d’autre (moyens du bord…) jusqu’au retour de l’émissaire dépêché au village voisin pour ramener un autre jeu de T-shirt...

the victorious Chikuni Mission hospital football team!!!

Changements dans le décor… avec la livraison d’un bloc de 2 autres maisons voisines, toutes ont bénéficié d’un joli coup de peinture. Les travaux envisagés pour clôturer le jardin et protéger la voiture ont été accélérés du fait d’une vague de cambriolages en février… (Recrudescence a priori habituelle en  cette saison où les récoltes de l’année précédente s’épuisent). Vague à laquelle nous n’avons pas échappé et qui nous a bien déstabilisés malgré le maigre butin de notre voleur et l’anticipation que nous pouvions avoir de cette situation (qui fait partie de la préparation de la mission). Aussi le mur monte plus vite que prévu, à la grande joie des enfants qui  y improvisent un chemin de ronde et menacent les passants…  Nous expérimentons les aléas des chantiers de construction : livraisons des briques erratiques quand le camion a pu faire le plein de fuel, travail interrompu par les pluies, défaut de montage des portes qui ne s’ouvrent pas… Autre sécurité et solution gagnant-gagnant, nous nous sommes réunis avec les voisins pour employer un « watchman » (ou veilleur de nuit) qui se trouve être le papa d’une famille voisine, dont le quotidien devrait ainsi pouvoir s’améliorer…

au travail!
"Mansa moudjoulou!" ("les mains au ciel")




Découverte du Lac Kariba début mars…
En jetant un coup d’œil à la carte, vous risquez de sous-estimer le temps de parcours entre Chikuni et le lac, proportionnel à l’état (chaotique) de la piste… C’est ainsi qu’après 10 mois sur place, l’occasion se présente enfin d’y passer un week-end avec nos amis les Becquart, bientôt sur le départ. Le spectacle des baobabs (« allez les enfants, on compte les baobabs ! ») et du lac récompensent l’effort : nous avons découvert  avec émerveillement l’étendue d’eau artificielle (5400 km2) née de la construction d’un gigantesque barrage hydro-électrique entre la Zambie et le Zimbabwe dans les années 50. L’esprit du fleuve « Niamy Niamy » n’aurait d’ailleurs pas apprécié et les Tonga lui attribuent les nombreux accidents du chantier... Les Tonga ont été les premiers à souffrir du projet, qui les a obligés à se déplacer de la vallée du Zambèze vers le plateau, réputé moins fertile. Et leur sort a moins ému l’opinion publique que les campagnes de sauvetage des animaux sauvages sur les îlots lors de la mise en eau…  Toutefois, tout le monde s’accorde aujourd’hui sur le bénéfice de l’ouvrage : nous n’osons pas imaginer l’état de la fourniture électrique sans lui, l’industrie de la pêche bat son plein, celle du tourisme reste discrète mais fait un beau mariage avec le cadre naturel.

Passons rapidement sur la piscine qui a fait la joie de tous, en particulier des enfants qui ont « infusé » tout le week-end, dès 6h30 du matin… Heure douce où les antilopes et les singes venaient grignoter autour de notre chambre.

Emerveillement encore lors de la « sunset » cruise : petit tour des ilôts en bateau pour observer les animaux venant s’abreuver : zèbres, impalas, gnous… les aigles pêcheurs (symboles du pays), les hippos baigneurs, les crocos discrets… (la ferme locale en fait de la maroquinerie à grande échelle) et surtout le coucher de soleil idyllique : est-ce que notre changement de latitude explique notre nouvelle fascination pour le ciel ? Nous avons vraiment l’impression de découvrir son immensité et sa beauté… Les images parleront mieux que nous.

les enfants barbotant toute la journée... ah, non les hippos!



L’automne zambien qui commence nous émerveille chaque jour de ses couleurs : rouge, orange, or pâle ou éclatant, pastels de mauve, gris ou blanc, les fleurs rivalisent d’imagination pour égayer nos journées, et d’ardeur pour s’étendre partout où cela leur est possible , s’emparant de la moindre parcelle, envahissant les arbres cassés par les tempêtes, les ruines diverses, mais aussi les chemins, qui après s’être rétrécis petit à petit deviennent simplement impraticables. Ajoutez à cela les oiseaux bleus ou rouges vifs qui volettent d’une tige à l’autre et  arrêtez-vous aux différents moments de la journée, en particulier, au risque de me répéter, lorsque le soleil allonge ses rayons à l’horizon, le spectacle est permanent… Mais il faut aller au travail, monsieur le sous-préfet, trêve de rêveries, et remontez sur votre vélo !

Beau printemps de vote côté du globe et à  bientôt,
ASCL

mardi 3 avril 2012

Février, Mars... en tranches!

Le temps file… (Indépendamment  du changement d’heure français qui nous ramène pour quelques mois dans le même fuseau horaire). Février et mars se sont avérés bien chargés, nous laissant peu le loisir de relater nos expériences. Avec votre permission, nous vous en proposons quelques tranches dans le désordre…

Du cyprès et des branches de palmiers, que les petites filles tressent en forme de croix.

Tout d’abord, paisible et heureuse semaine sainte à tous… Elle a débuté à Chikuni par un « palm Sunday » pluvieux mais heureux: joyeuse débâcle de la foule processionnaire sous une facétieuse averse de premier avril...

Début de procession... La foule s'est ensuite séparée en trois groupes pour rejoindre 3 églises du village.

... fin de procession sous la pluie: les premiers avaient presque rejoint l'église, les derniers ont trouvé refuge un peu partout. (surpris sans parapluie comme des bleus!!!)

Le départ des Cinq de Monze...
Après bientôt 1 an de mission côté à côte (à quelques 35 km près…) Juliette, Damien, Clarisse, Jacques et Auguste s’apprêtent à regagner la France. Leur mission prend fin, et avec elle celle de Fidesco auprès du diocèse de Monze depuis 8 ans. Conformément à l’objectif de l’ONG, le relais a été passé à un zambien, après plusieurs mois de collaboration avec Juliette, pour gérer les départements « projets » et « santé » du diocèse. L’équipe de construction dont s’occupait Damien a mené à bien les principaux chantiers et a acquis au fil des années de bonnes pratiques, transposées et adaptées aux conditions locales. Le défi a consisté à faire entrer 2 ans de vie en Afrique dans 15 bagages et à répartir entre les volontaires présents dans le pays le matériel  (non je n’ai pas dit «le bazar » !!) accumulé par les prédécesseurs.

Les enfants au bord du lac Kariba... (mais c'est une autre histoire..)

 Au passage, Colin se voit transmettre avec grande joie le vélo de Clarisse (même pas chagriné par sa couleur rose…) et de la lecture française à dévorer. Nous adoptons un de chaton Becquart, qui pourrait être la petite sœur de Nawak, baptisé « peanuts » après âpres discussions. Aline a été la première surprise de renoncer au lave-linge proposé… comme les zambiennes elle prise la qualité du lavage à la main et ne voudrait surtout pas vexer Mary (notre nounou), très efficace en la matière. Nous endosserons le rôle de facteurs-père-Noël lors de la prochaine réunion des volontaires du pays pour redistribuer vaisselle, ustensiles, draps, serviettes, jouets, livres (charme de la transmission d’une collection de lectures qui s’étoffe avec le temps…) et 1 grande caisse de jouets rejoindra bientôt le service de pédiatrie d’Aline.

Nous profitons de notre petite tribune, pour saluer leur travail et leur amitié pendant cette année… sans oublier leurs bons plans de baroudeurs… Les débats gastronomiques nous manqueront (nous  avons remarqué que le premier sujet de conversation des français expatriés était la nourriture…) Nous entrevoyons aussi l’aventure que représente le retour en France et leur souhaitons bon vent, Salut les « cinq à monze » !

A bientôt pour d'autres tranches de vie en Zambie...
ASCL

lundi 12 mars 2012

Happy Woman'day!


Oui, nos info vieillissent, nous avouons humblement ne pas avoir la réactivité des grands journalistes… sans compter un 3ème rapport de mission sous presse et quelques stress inhérents à la mission (à raconter après digestion).

Une brève donc, pour reprendre les bonnes habitudes, et souhaiter « a happy happy happy woman’s day » à toutes les lectrices : journée mondiale des femmes en ce jeudi 8 mars, fériée dans le pays et fièrement célébrée par les zambiennes. Revêtues du chitengué et polo commandés pour l’occasion, elles ont défilé dans les rues et convergé vers la cours de l’école où chants, danses, discours du chef local, sketchs se sont succédés selon un programme précis à défaut d’être minuté… (nous comprenons maintenant que le même schéma  s’applique à chaque évènement..). La photo à 1 million de kwacha d’Aline défilant en costume parmi ses collègues ne sera malheureusement pas publiée… car elle n’existe pas ! Après avoir lutté quelques heures pour suivre le mouvement, la pauvre a regagné son lit victime d’une grippe (pas très exotique mais passagère, son bulletin de santé est rassurant). 

Difficile de résumer pour l’occasion la ou plutôt les conditions féminines en Zambie. Pour beaucoup, la vie n’est pas simple entre quotidien de (grande) famille et travail plus ou moins pénible. Pourtant nous retiendrons des zambiennes des visages fendus de grands sourires et des éclats de rire en permanence au bord des lèvres, des corps mis à mal par le travail physique, les grossesses ou le surpoids mais capables de suivre un rythme effréné…


 A bientôt,
ASCL

lundi 13 février 2012

And the winner is…


L’information ne vous aura pas échappé : la finale de la CAN a donc vu la victoire de la Zambie sur la Côte d’Ivoire !!! Le passage en finale avait déjà semé un vent joyeux et alimenté les conversations de cours de récré et de folles rumeurs de gratuité du fuel ou de jours chômés… et Colin de prendre un air entendu pour affirmer que « Of course, Zambia will win because no one can score K. Mwe.» (Kenneth Mwene,  l’imperméable goal keeper zambien évidemment…). L’effervescence est montée pendant tout le week-end, chacun se parant ou parant sa voiture aux couleurs du pays et le concert de vuvuzelas s’est progressivement intensifié jusqu’à la victoire (aux tirs au but) en milieu de nuit, détonateur des festivités : défilés, chants et danses dans les rues du village malgré l’orage qui grondait et les pluies intenses (nous devons avouer que nous étions au même moment bien à l’abri à la maison et loin d’imaginer que l’orage n’effraierait pas les zambiens, extrêmement fiers de cette première coupe de leur histoire !). Rebelote le matin suivant avec le défilé de nos collègues au volant des véhicules de l’hôpital et accolade spéciale pour Dr Sam, sosie du « french coach » désormais héros national ! Idem dans les écoles et collèges, on retrouve la même joie spontanée qu’en France en 1998. Que l’on aime ou non, le foot a une capacité fascinante à soulever l’enthousiasme, à rassembler et à faire oublier un temps les soucis…

la dernière tenue à la mode en Zambie!

Ambulance customisée!

Quel dommage qu'il manque le son!!! Patients, soignants, personnel technique, tous ensemble!


Mais le triomphe des chipolopolos ne doit pas masquer l’autre exploit sportif de ce mois de février : Léo a appris à faire du vélo sans petites roues (accessoires inexistants ici) sur la piste chikunienne détrempée ! Fidèle à son caractère, il lui a suffi de se décider pour filer sur 2 roues et commencer à slalomer entre les flaques (quand MÔsieur est décidé, peu importent les difficultés ou la météo…). 

Et c'est parti!

Artaban...



Et vous souvenez vous du passage de nos cyclistes accordéonistes lyonnais en septembre dernier ? Claire et Jérémie se trouvent maintenant à la frontière du Sud-Soudan et publient le récit de leurs aventures (récemment leur traversée de la Zambie avec une belle galerie de photos) sur le site suivant : http://voyage.jeremiebt.com/18/et-profitez-zambien/.
Ils ont élus les zambiens « peuple le plus souriant d’Afrique » et nous partageons certaines de leurs analyses... Vous avez aussi pu les entendre parfois sur France inter ou radio le mouv’  dans l’émission « allo la planète ». Par contre nous n’endosserons aucune responsabilité si cela donne de furieuses envies de voyage à certains !! Hihihi…

A bientôt,
ACSL

mercredi 8 février 2012

Qu'est-ce qu'un Chipolopolo?

Les "Chipolopolos" zambiens vont en finale de la CAN!
(Comprenez: l'équipe de foot zambienne vient de gagner la demi-finale de la coupe d'Afrique des nations) et avec un sélectionneur français (SVP!) qui ressemble à Dr Samuel parait-il (enfin, rien ne ressemble plus à un blanc qu'un autre blanc...). Son nom bien français "Herve Renard" se transforme en "Evrina" avec l'accent local: nous ne l'avions pas compris avant de le voir écrit. On espère que la finale ne sera pas programmée trop tard pour pouvoir organiser un visionnage collectif à l'hôpital (pour que chacun puisse regagner son chez soi avant la tombée de la nuit vers 19h) mais pas d'inquiétudes, des retransmissions vont être bricolées un peu partout dans la brousse avec postes de TV alimentés par batteries de voitures et les clameurs nous tiendront informés du score... (à moins que David et Edouard ne s'en chargent...)


ASCL

dimanche 29 janvier 2012

Where is Fidesco in 2012???!!!

Qu'est-ce que Fidesco? Qu'est-ce qu'un lipdub? et que fais-je sur cette planète?... réponse en images et musique:


(Sympa même en tranchettes de 5 secondes, merci la connexion zambienne!)

Biz
ASCL
Réponse "Que fais-je sur cette planète?": "Va, rends les autres heureux et tu connaîtras la joie" même en bas de chez toi...